
PROJET DE LA DIRECTION :
La Direction prévoit de transférer la production des modules de batteries du site de Toulouse vers le site de Crisa à Tres Cantos, près de Madrid. Ce transfert concerne 5 familles de produits utilisées pour divers programmes spatiaux (constellations LEO, satellites GEO/MEO et lanceurs).
Certaines activités seront maintenues à Toulouse : L’expertise en conception, les développements techniques complexes et l’assemblage final des packs (intégration sur panneaux structuraux pour les satellites GEO), cette dernière activité étant proche de l’AIT satellite.
Officiellement, ce transfert vise à consolider les capacités internes d’Airbus face à l’augmentation des commandes et à s’appuyer sur l’expertise de Crisa dans le domaine de la puissance (il y a eu un accord avec Arianespace afin que les batteries lanceurs A6 soient produites en Espagne).
Jusqu’à Q2 2027 : Augmentation de la production à Toulouse pour satisfaire le carnet de commandes et constituer un stock. Fin Q4 2027 : Arrêt définitif de la production des modules à Toulouse et transfert des moyens industriels en Espagne.
Le projet impactera directement 20 personnes à Toulouse (la production), sans compter les équipes d’ingénierie et d’appels d’offres, mais la Direction précise qu’il s’agit d’un « transfert de produit, pas des employés »: Aucune suppression d’emploi ni transfert forcé vers Crisa n’est prévu. Les salariés concernés seront redéployés sur d’autres activités internes (projets OneSat, Metop, etc.) ou accompagnés par un plan de développement vers d’autres départements d’ADS. Des déplacements ponctuels vers l’Espagne se feront sur une base volontaire pour le partage de connaissances.
POUR L’UNSA :
Ce transfert est une erreur. Ceux qui nous gouvernent n’ont toujours pas bien compris que conception et production en petites séries nécessitent de la proximité. Les séparer présente des risques importants, notamment en termes de livraisons dans les délais. De peur de nous répéter, nous ne fabriquons toujours pas des avions et leurs méthodes ne sont pas directement transposables aux satellites. Malgré les conseils et avis éclairés des experts Toulousains du domaine, la Direction persiste et dilapide le patrimoine technique et industriel (CAPEX ?) du spatial Toulousain sacrifiant le futur d’une activité désormais maitrisée, compétitive et promise à un bel avenir. S’il n’y avait qu’elle ! Au passage, les salariés qui se sont investis dans cette activité sont peu à peu remerciés et priés d’aller faire autre chose. Voilà comment on brade compétences, expertise et savoir-faire patiemment et longuement acquis. De plus, l’argent public Français ayant financé la recherche et le développement de cette activité (CICE ?, CIR, nos impôts) dont Airbus ne se souvient pas bien quel montant il a reçu, va désormais bénéficier à l’Espagne dont on sait nous dire qu’elle, l’Espagne, a contribué à l’investissement dans la construction d’une nouvelle usine de batteries, ce qui montre que la décision ne date pas d’hier.
Il nous a aussi été rappelé qu’il n’était pas logique de fabriquer des batteries sur des sites différents. Dans le cadre de Bromo, nous sommes donc autorisés à nous inquiéter fortement : et si demain on nous disait aussi qu’il n’était pas logique de fabriquer des équipements, des instruments optiques, des satellites d’observation, des satellites scientifiques ou d’exploration sur des sites différents ? Que restera t’il sur Toulouse ?
Le danger guette et se précise pour l’avenir du site du Palays. Vous ne vous sentez peut être pas concernés par les batteries, quand vous le serez, il sera trop tard (cf la fable du lion et des trois taureaux*).
* La fable raconte comment un lion utilise la ruse pour semer la discorde entre trois taureaux, les affaiblissant ainsi et les dévorant progressivement un par un, soulignant l’importance de l’unité face aux dangers.




