15/05/2026: Comptes sociaux ADS SAS 2025 – Bénéfice de 172 m€

Procés-verbal des décisions de l’associé unique, Rapport du commissaire aux comptes et Comptes annuels

Voici un résumé des éléments clés du document :

Décisions de l’Associé Unique et Résultats Financiers

L’associé unique (Airbus) a approuvé les comptes annuels de l’exercice 2025, qui affichent un bénéfice net comptable de 172 476 067,56 euros. Quitus entier et sans réserve a été donné au Président de la société, M. Alain Fauré.

La totalité du bénéfice est affectée au compte « report à nouveau », ce qui permet de réduire le solde déficitaire de ce compte de -1 738 840 744,72 euros à -1 566 364 677,16 euros.

Rapport du Commissaire aux Comptes (EY)

Le cabinet Ernst & Young et Autres certifie que les comptes annuels sont réguliers, sincères et donnent une image fidèle du résultat et de la situation financière de la société.

Événements Significatifs de l’Exercice 2025

  • Le chiffre d’affaires total s’élève à 2 177 612 K€ (contre 1 878 769 K€ en 2024), majoritairement porté par les activités de la branche Space (1 168 496 K€).
  • Le Résultat Financier s’avère fortement positif à hauteur de +344 833 K€. Ce montant exceptionnel s’explique essentiellement par l’encaissement de 347 895 K€ de dividendes, en provenance notamment de MBDA Holding.
  • Le Bénéfice net comptable s’éleve à 172 476 067,56 euros. Cet indicateur marque un redressement majeur par rapport à l’exercice 2024 qui enregistrait une perte nette de -674 017 K€.
  • Les Capitaux Propres atteignent la somme de 341 026 K€, en nette augmentation comparé aux 163 972 K€ de l’année précédente grâce au bénéfice annuel généré.
  • Réorganisation « Proton » : Une nouvelle organisation a été mise en œuvre au 1er juillet 2025 pour créer trois Business Units centrées sur le client (Space Systems, Air Power, Connected Intelligence). Dans ce cadre, un accord de Rupture Conventionnelle Collective (RCC) a été signé, prévoyant 394 suppressions d’emplois avec une période de volontariat courant jusqu’en mai 2026.
  • Projet d’alliance européenne : L’annonce d’un protocole d’accord visant à regrouper à l’horizon 2027 les activités de production de satellites d’Airbus, Leonardo et Thales pour créer un grand acteur spatial européen.
  • Simplifications de structures & Cessions : Liquidation de la succursale au Kazakhstan, radiation des filiales Airbus Telespazio Capacity Operator et PROJ 11 SAS , et cession de 100 % de la filiale SurveyCopter à Airbus Helicopters.
  • Déménagement : Avancement du projet de transfert du site d’Élancourt vers le Campus Grand Paris à Montigny-le-Bretonneux (signature du contrat en juin 2025 et dépôt du permis de construire en juillet 2025). Les engagements d’investissements immobiliers sont par conséquent en forte hausse.

À la lecture des comptes sociaux et du rapport de gestion d’Airbus Defence and Space SAS pour l’exercice 2025, plusieurs points d’alerte, indicateurs négatifs ou facteurs de risques peuvent être identifiés :

  • Un report à nouveau lourdement déficitaire : Avant l’affectation du bénéfice de l’exercice, le poste « report à nouveau » affichait un solde créditeur négatif (déficitaire) massif de -1 738 840 744,72 euros. Même après l’intégration de la totalité du bénéfice net de l’année 2025, ce passif accumulé reste très lourd et s’élève à -1 566 364 677,16 euros.
  • Absence de dividendes : Signe du poids des pertes accumulées par le passé, il est constaté qu’aucun dividende n’a été distribué au cours des trois derniers exercices.
  • Une restructuration sociale d’envergure (Projet Proton) : L’entreprise a signé le 5 mars 2025 un accord de Rupture Conventionnelle Collective (RCC). Cet accord entraine un impact social négatif important avec la suppression planifiée de 394 emplois (325 suppressions sur Toulouse Région Sud et 69 sur la Région Parisienne).
  • Un niveau de provisions pour risques très élevé (Contrats déficitaires) : Le total des provisions inscrites au passif s’élève à 585 953 K€ au 31 décembre 2025. Au sein de cette somme, les provisions pour « pertes à terminaison » (destinées à couvrir le dénouement futur de contrats à long terme jugés déficitaires) représentent à elles seules un montant considérable de 314 714 K€. L’entreprise fait également face à des risques opérationnels l’obligeant à provisionner des pénalités dès qu’un dépassement des délais contractuels est anticipé. Le niveau massif des provisions pour pertes à terminaison  prouve qu’un grand nombre de contrats signés par le passé continuent de coûter plus cher à produire qu’ils ne rapportent.
  • Dépendance financière vis-à-vis de la maison mère : Pour justifier l’hypothèse de continuité d’exploitation (capacité à poursuivre ses activités), la société indique dépendre directement de la convention de trésorerie et du support financier d’Airbus SE pour les 12 mois suivant la clôture des comptes.
  • Liquidation et radiations de structures : Dans le cadre d’un plan de simplification, l’exercice a vu la mise en liquidation de la succursale au Kazakhstan , ainsi que la radiation pure et simple de deux filiales détenues à 51 % : Airbus Telespazio Capacity Operator et PROJ 11 SAS.
  • Résultat exceptionnel déficitaire : Le résultat exceptionnel de l’exercice affiche un solde négatif de -233 K€.
  • Le total du bilan s’établit à 4 412 169 K€ au 31 décembre 2025. En parallèle, le montant global des dettes de l’entreprise s’élève à 3 474 664 K€.

Conclusion

L’exercice 2025 d’Airbus Defence and Space SAS montre une très bonne dynamique commerciale (hausse du CA) et un fort redressement du résultat net (bénéfice), La conclusion la plus flagrante est le retour à la rentabilité. Passer d’une perte abyssale de -674 millions d’euros en 2024 à un bénéfice net de +172,5 millions d’euros en 2025 démontre un net redressement de la performance globale. Cependant, ce bénéfice cache une réalité plus nuancée : il est fortement dopé par des éléments financiers (les dividendes reçus de MBDA) plutôt que par la seule rentabilité pure des opérations de défense et d’espace. La structure financière reste contrainte par un passif historique lourd (report à nouveau déficitaire) et des risques contractuels significatifs qui imposent toujours d’importantes provisions.

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