
Face aux retours des salariés et des représentants du personnel, la direction générale d’Airbus a publié hier une note RH qui assouplit sa méthode d’application des restrictions du télétravail. Le cap reste orienté vers plus de présence sur site, mais la consigne stricte des 4 jours de présence obligatoire dès septembre est levée au profit d’une transition plus progressive, pragmatique et adaptée aux réalités locales.
L’objectif n’est plus d’imposer brutalement 4 jours sur site dès septembre, mais de poser une recommandation de 2 jours de télétravail maximum par semaine (soit au moins 3 jours sur site), sous réserve de la compatibilité avec l’activité. Il n’y a plus de calendrier fixe : La direction renonce à une date butoir uniforme pour tout le monde. L’augmentation de la présence physique se fera de manière fluide et progressive. Et sur la flexibilité des jours : Il n’y a aucune interdiction globale de télétravailler le lundi ou le vendredi.
La note confirme que les accords d’entreprise existants au niveau national (comme en France ou en Allemagne) continueront d’être appliqués. La direction donne la main aux managers de proximité. Ce sont eux qui organisent le rythme avec leurs équipes en fonction des impératifs opérationnels et de la réalité du travail, sans appliquer de règles trop rigides. La procédure est inchangée : Les demandes de télétravail continuent de passer par les outils habituels (myHR).
Les arguments de la direction pour justifier la présence sur site sont toujours une montée en cadence massive et un calendrier de livraisons très tendu sur le second semestre. La direction estime que la collaboration « côte à côte » et en présentiel accélère la prise de décision et la résolution de problèmes. Elle y ajoute que la présence sur site des salariés est indispensable pour accueillir et former les milliers de nouveaux embauchés. Et enfin pour les salariés travaillant dans des équipes internationales qui passent leur journée en visioconférence, la direction soutient que venir sur site permet de casser les silos et de garder un lien avec la réalité industrielle.
La direction affirme aussi que les sites sauront absorber le flux, notant que le pic de présence se situe en milieu de semaine et qu’étaler la présence sur toute la semaine devrait aider à désengorger les parkings.
Pour terminer, en cas de refus non justifié d’un salarié de se conformer au rythme convenu avec son manager, la situation sera traitée via les procédures RH et disciplinaires locales habituelles.
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Pour l’UNSA, ce recul de la direction générale d’Airbus s’explique en très grande partie par la forte mobilisation sociale et la grève d’ampleur en cours chez Airbus en Espagne depuis le 1ᵉʳ juillet 2026.
Alors que les négociations salariales traînaient, l’annonce initiale de Guillaume Faury imposant la réduction du télétravail à un seul jour par semaine (ou le retour forcé à 4 jours sur site) a été la « goutte d’eau qui a fait déborder le vase » sur les sites espagnols. Les salariés et les syndicats locaux se sont mobilisés en masse. Le mouvement a débouché sur un mois complet de grève (du 1ᵉʳ au 31 juillet 2026) avec des rassemblements quotidiens et des marches de plus de 4 000 grévistes à Getafe.
Face à cette crise inédite qui touchait à la fois la branche Commerciale et la branche Defense & Space, la direction d’Airbus a pris conscience du danger d’asphyxie industrielle. Guillaume Faury s’est rendu en urgence à Madrid mi-juillet pour tenter d’éteindre l’incendie social alors que la grève bloquait les sites espagnols. La direction savait que le mécontentement montait également dans les usines françaises et allemandes suite à sa lettre de juin. Si l’Espagne maintenait le blocage tout l’été et que d’autres sites embrayaient à la rentrée de septembre, le second semestre — annoncé par le CEO comme le plus gros de l’histoire du groupe — devenait irréalisable.
La note RH traduit exactement la recherche d’un compromis pour sortir de l’impasse en affirmant que la direction a « écouté les retours » et reconnu que vouloir imposer 4 jours sur site dès septembre était un rythme « trop rapide ». En ramenant le curseur vers la recommandation de 2 jours de télétravail (au lieu d’un seul), la direction tente de satisfaire la revendication des salariés grévistes tout en sauvant la face par une démarche « progressive ».
Pour l’UNSA, cette note RH est une démonstration concrète que la mobilisation paye. La grève déterminée des collègues espagnols a contraint la direction générale à faire marche arrière sur son calendrier couperet de septembre et à rétablir la possibilité des 2 jours de télétravail par semaine…pour le moment.
Et pour aller plus loin, quelques articles parus récemment :
Les salariés d’Airbus Espagne se mettent en grève illimitée à partir du 24 août : https://cincodias.elpais.com/companias/2026-07-21/los-trabajadores-de-airbus-espana-se-plantean-una-huelga-indefinida-a-partir-del-24-de-agosto.html
Un ultimatum de 24 heures d’Airbus à ses employés pour qu’ils acceptent le pré-accord conclu avec CC OO (syndicat majoritaire) : https://www.larazon.es/economia/ultimatum-24-horas-airbus-sus-trabajadores-que-acepten-preacuerdo-alcanzado_202607206a5e739de9f2e84b5c742d6f.html
Airbus connaît sa plus grande grève en Espagne avec toutes les usines touchées : https://es.euronews.com/my-europe/2026/07/15/airbus-vive-su-mayor-huelga-en-espana-con-todas-las-plantas-afectadas
Airbus : salaires, télétravail, congés… la grogne sociale gagne aussi l’Espagne, 3.000 salariés en grève : https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/airbus-salaires-teletravail-conges-la-grogne-sociale-gagne-aussi-l-espagne-3-000-salaries-en-greve-3379585.html
Concentración de los trabajadores de Airbus en Getafe por el recorte en los días de teletrabajo: https://cadenaser.com/cmadrid/2026/06/23/concentracion-de-los-trabajadores-de-airbus-en-getafe-por-el-recorte-en-los-dias-de-teletrabajo-ser-madrid-sur/



